71,1. 70,5. 70,2. 69,9. 69,9. 69,9. 69,9. Se regarder dans le miroir. S'attarder sur ces formes non désirées. Des poignées d'amour persistantes. Des cuisses et un arrière-train flasques. C'est laid. Tu es laide. Toutes ces gourmandises accumulées durant les années, qui se plaisent bien et ne semblent pas décidées à quitter leur logis de chair. Tu te trouves jolie, pourtant. Enfin, pas trop mal. Juste cette partie de toi, entre ton nombril et tes genoux, dont tu as horreur. Alors, tu rentres le ventre, serre les fesses, mords ces joues trop rondes à ton goût. Il y a tant à faire encore. Tant à faire pour ressembler à ces modèles qui ne sont pas toi.
Cette année, c'est différent. Cela fait quelques temps que tout ça t'obsède. Alors tu fais des efforts. Tu manges mieux, tu manges moins, tu bouges plus. Cinquante minutes de course; une première. Ça te fait sourire, qu'il souhaite devenir un Power Rangers et toi une Ramona. Des épaules trop frêles contre des cuisses trop volumineuses. On partage? Toi tu l'aimes bien comme il est. Et tu t'excuses sans cesse d'être comme tu es. Tu aimerais bien pouvoir te dédoubler afin de vous observer quand vous êtes ensemble. Un grand haricot maigrichon et une grosse courgette généreuse.
Mais au fond, tu t'en fiches un peu, de ce dont vous avez l'air. Un duo un peu improbable.
Tu vas tout de même persévérer. Pour t'aimer toi d'abord, avant de potentiellement finir par aimer quelqu'un d'autre. Pour cesser de réfléchir alors que la simplicité et le naturel sont rois.

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